Contribution de Mlle Sokhna Lala SOW, au Panel 2 de la Table ronde nationale sur la sécurité intérieure et la gestion des frontières organisée par le MALAO
Lors du deuxième panel de la Table ronde nationale intitulé « Regard croisé sur la sécurité intérieure et la gestion des frontières : défis, innovations et gouvernance collaborative », tenue le 25 novembre 2025 à l’hôtel Savana de Dakar et organisée par le Mouvement Africain pour la Lutte contre la circulation des armes légéres en Afrique de l’Ouest (MALAO) en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer (FKA), Mlle Sokhna Lala Sow, coordinatrice du Pôle Emploi et Migration en Afrique de l’Ouest du BRES-OCTAGONE, a apporté une contribution essentielle à la compréhension des enjeux migratoires et sécuritaires contemporains. Son intervention, rigoureusement appuyée par les rapports récents de l’OIM, de la CEDEAO, d’ONU-DESA, d’UNHCR, de la Banque Mondiale et de FRONTEX, s’inscrivait dans un contexte régional marqué par l’intensification des mobilités, la reconfiguration des routes migratoires et la montée des défis sécuritaires transfrontaliers.
Elle a rappelé, en s’appuyant sur les Flow Monitoring Reports (OIM, 2024), que près de 70 % des migrations ouest-africaines restent intracontinentales, un phénomène structurel lié aux dynamiques économiques régionales et au Protocole de libre circulation de la CEDEAO (1979, réaffirmé en 2020). Le Sénégal occupe une position stratégique dans ces flux et accueille environ 275 000 migrants intra-africains (ONU-DESA, 2024), auxquels s’ajoutent des dizaines de milliers de travailleurs saisonniers circulant chaque année vers les zones agricoles, halieutiques ou urbaines de la sous-région.
Un point central de son allocution a concerné la multiplication des points de passage frontaliers non formels, identifiés comme un défi majeur pour la gouvernance des mobilités et la sécurité nationale. Selon la CEDEAO (ECOWARN, 2024), la région compte plus de 1 200 corridors secondaires non officiels, souvent utilisés pour des déplacements coutumiers, économiques ou transfrontaliers traditionnels. Pour le Sénégal, les estimations de l’OIM et des services frontaliers indiquent plus de 300 passages non officiels avec la Mauritanie, le Mali et la Guinée. Ces zones, majoritairement situées dans des territoires enclavés et peu équipés, entretiennent une porosité facilitant aussi bien la circulation de personnes que les activités de contrebande et les réseaux criminels transnationaux, selon les rapports du UNODC Sahel Crime Trends (2023-2024).
Mlle Sow a insisté sur le fait que maîtriser les flux migratoires ne signifie pas les restreindre de manière systématique, mais les organiser. Les données de la Banque Mondiale (2024) soulignent que 47 % des jeunes ouest-africains de 15 à 35 ans sont en situation de sous-emploi ou d’emploi vulnérable, ce qui nourrit la mobilité régionale, un réel amortisseur socio-économique. Les transferts issus de la migration représentent un revenu vital pour plus de 8 millions de ménages en Afrique de l’Ouest (Banque Mondiale, Migration and Development Brief 2024). Elle a ainsi rappelé qu’une politique migratoire efficace doit réussir à concilier trois dimensions : sécurité nationale, besoins socio-économiques locaux et droit humain à la mobilité.
BRES-OCTAGONE
SIRAS THINK-TANK.

