Une session de monitoring inédite qui réunit autorités, universitaires et acteurs économiques
Dakar, le 24 septembre 2025 – La Maison de la Culture Douta Seck a abrité une session de monitoring scientifique et stratégique organisée par le Bureau de Recherche et d’Études Stratégiques Octagone (BRES-Octagone) sur le thème : « Crise de l’emploi au Sénégal : lecture historique et analyse prospective ».
Un diagnostic alarmant : 1 000 milliards investis, des résultats mitigés
Devant un parterre d’autorités gouvernementales, d’éminents professeurs d’université, de chefs d’entreprise et de syndicalistes, Ndéné Abléfoulin Ndiaye, chercheur principal et animateur de la session, appuyé par l’équipe de BRES-Octagone, a présenté une analyse exhaustive des politiques d’emploi menées au Sénégal depuis l’indépendance.
Le constat est édifiant : malgré plus de 1 000 milliards de FCFA investis sur six décennies par quatre régimes présidentiels successifs, les défis structurels persistent. « Nous sommes passés d’un budget annuel moyen de 2,5 milliards FCFA sous le régime Senghor à 45,5 milliards FCFA sous le régime Sall, soit une multiplication par 18. Pourtant, le taux de chômage élargi reste à 20%, avec des disparités criantes entre zones urbaines (24,5%) et rurales (14,2%) », a souligné M. Ndiaye.
Une pression démographique exponentielle
L’étude révèle que la population active est passée de 1,5 million en 1960 à 10,8 millions en 2025, avec désormais un minimum de 100 000 jeunes entrant annuellement sur le marché du travail. « Les politiques d’emploi couvrent seulement 5 à 20% des besoins réels. Nous sommes dans une course perpétuelle où l’offre peine à suivre la demande », a analysé le chercheur.
Des coûts d’insertion prohibitifs
L’une des révélations majeures de l’étude concerne l’efficience économique des programmes. Certaines initiatives comme l’Opération Maîtrisards sous le régime Diouf ont coûté jusqu’à 10 millions FCFA par emploi créé, contre 260 000 FCFA pour le programme GOPEC, jugé le plus efficient. « Ces écarts considérables illustrent l’absence de vision stratégique cohérente et les défaillances de gouvernance », a déploré M. Ndiaye.
Un secteur informel qui domine à 90%
Le document met en lumière la domination écrasante du secteur informel qui représente 90% de l’emploi total et 45,5% de la valeur ajoutée globale. L’urbanisation galopante, passée de 23% en 1960 à 52% en 2025, concentre les demandes d’emplois dans des zones où les opportunités formelles restent limitées.
Des recommandations stratégiques pour une transformation
Face à ce diagnostic, le BRES-Octagone propose une refondation complète de l’approche, articulée autour de quatre axes majeurs :
- Refondation conceptuelle : Création d’un organe interministériel unique et d’un observatoire national indépendant
- Approches sectorielles ciblées : Modernisation agricole, développement du numérique, formalisation progressive du secteur informel
- Réformes structurelles : Amélioration du climat des affaires, renforcement des partenariats public-privé
- Transformation éducative : Alignement de la formation sur les besoins réels du marché
Un débat riche et constructif
Les échanges qui ont suivi la présentation ont été marqués par l’engagement des participants. Professeurs d’université, entrepreneurs et syndicalistes ont salué la rigueur scientifique de l’étude tout en appelant à une action urgente. « Ce monitoring constitue un outil précieux pour les décideurs. Il est temps de passer de la multiplication des programmes à l’efficacité des solutions », a déclaré un chef d’entreprise présent.
La présence remarquée d’autorités gouvernementales témoigne de l’importance accordée à cette réflexion stratégique. Le BRES-Octagone, à travers son Programme de Monitoring Scientifique et Stratégique (PMSS), entend poursuivre ce travail d’analyse et de proposition pour accompagner les mutations nécessaires.
Perspectives : Une fenêtre d’opportunité à saisir
Malgré ce tableau préoccupant, l’étude identifie des leviers de transformation : le dividende démographique avec un ratio de dépendance au plus bas (70%), le potentiel du secteur numérique en forte croissance (+15% par an), et le dynamisme entrepreneurial des jeunes.
« Le Sénégal dispose d’un réel potentiel de transformation économique qui nécessite une meilleure gouvernance et une stratégie cohérente à long terme. La question n’est plus de savoir si nous devons agir, mais comment agir efficacement », a conclu Ndéné Abléfoulin Ndiaye.
Fait à Dakar le: 16/10/2025
Contact presse :
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