La “guerre des données” fait référence à la compétition mondiale et aux tensions géopolitiques autour du contrôle, de l’accès et de l’exploitation des données. L’Afrique est devenue un champ stratégique dans cette guerre, en particulier pour la cartographie des ressources naturelles. Cela concerne la collecte, l’analyse et l’utilisation des données relatives aux ressources (minerais, terres agricoles, eau, biodiversité) qui sont au cœur des luttes géopolitiques et économiques.
Le 25 janvier 2025, s’est déroulée au niveau du FASTEF une formation relative à cette thématique intitulée : “La guerre des données, cartographie des ressources en Afrique : quels enjeux géopolitiques ?”.
Cette formation a été initiée au niveau du cadre pédagogique avec les membres du Club Cheikh Anta Diop, en collaboration avec les experts BRES-Octagone (Bureau de Recherche et d’Études Stratégiques-Octagone).
Les échanges sur les enjeux géopolitiques liés à la guerre des données a mis en lumière une menace cruciale pour les États africains dans un monde où la sécurité numérique est devenue un pilier de la souveraineté nationale. Destinée à des étudiants, futurs éducateurs et leaders d’opinion, cette session visait à approfondir la compréhension des défis et des opportunités liés à la gestion des données dans un contexte global dominé par la technologie et les conflits numériques.
Un Rôle Éducatif Clé pour les Enseignants de Demain
Lors de cet atelier, il est apparu que de nombreux participants n’étaient pas suffisamment conscients des responsabilités qui leur incombent à l’ère numérique. Les éducateurs, en tant que formateurs des générations futures, jouent un rôle central dans la transmission des connaissances sur la gestion sécurisée des données. Il a été souligné que cette mission dépasse le cadre individuel : il s’agit d’un enjeu éthique, social et national, pour ne pas dire continental, dans la lutte contre les abus liés à la collecte, à l’utilisation et à l’exfiltration des données.
Hacking et Cybersécurité : Des Failles Critiques Révélées
L’atelier a également exploré les aspects techniques de la guerre des données, notamment les méthodes d’hacking utilisées dans la cybercriminalité. Les vulnérabilités des systèmes et des individus, souvent mal préparés, constituent des portes d’entrée pour les attaques numériques. Au Sénégal et dans d’autres États africains, ces failles exacerbent les risques liés à la dépendance technologique et au manque d’infrastructures sécurisées.
“La gestion des données n’est pas qu’un défi technique. Elle touche à la souveraineté, à la sécurité nationale et à l’autonomie des peuples.” Ont souligné les deux experts en cybersécurité M. Ndéné Ndiaye et M. Isaak, les responsables de la session technique.
L’Afrique Face à la Guerre des Données : Enjeux et Vulnérabilités
Malgré ses richesses naturelles et humaines, l’Afrique est une cible privilégiée dans la guerre mondiale des données. Le faible développement des infrastructures numériques et le manque de sensibilisation exposent les États africains à l’exfiltration massive de données stratégiques. Ces attaques ont des conséquences directes sur les décisions politiques, économiques et géostratégiques du continent.
Par exemple, l’absence de centres de données souverains en Afrique oblige de nombreux pays à externaliser leurs besoins numériques vers des acteurs étrangers. Cela génère une dépendance numérique et expose les données sensibles à des manipulations externes, compromettant ainsi la souveraineté des États.
Vers une Éducation Numérique Responsable
Un des points forts de cet atelier a été de rappeler l’importance de l’éducation numérique pour les nouvelles générations. Les participants ont été sensibilisés à la nécessité d’enseigner aux enfants non seulement les bases des outils numériques, mais aussi les principes de la sécurité informatique et du respect de la vie privée.
« Former les citoyens de demain à protéger leurs données, c’est aussi protéger l’avenir de nos nations. »
L’Urgence d’une Souveraineté Numérique Africaine
L’atelier a conclu sur la nécessité urgente pour les États africains de développer des politiques numériques adaptées. Investir dans des infrastructures locales, former les citoyens à la cybersécurité et établir des cadres législatifs solides sont autant de priorités pour garantir un avenir numérique souverain.
Cette initiative, organisée dans un contexte où la guerre des données s’intensifie, a permis de jeter les bases d’un plaidoyer fort pour la protection des données en Afrique. Il s’agit d’une bataille essentielle pour préserver la dignité, la sécurité et l’autonomie des nations africaines dans un monde de plus en plus connecté.
Rédigé par :
BRES OCTAGONE
bres.octagone.drt@gmail.com